C’est avec joie que nous vous annonçons la participation de plusieurs membres du GERACII au colloque Numérisation généralisée de la société organisé par le CRICIS les 2, 3 et 4 mai prochain.
Seront ainsi présent.es :
Sklaerenn Le Gallo, coordonnatrice du GERACII / Doctorante, UQAM / Chercheure, CRICIS
Discours antiféministes en ligne et gauche républicaine
mercredi 2 mai, 16h15 – 17h45, SH-3320
Alors que les travaux liés à l’étude de l’antiféminisme notamment dans l’environnement numérique se multiplient, ceux portant sur l’antiféminisme ordinaire de gauche sont quasiment inexistants. Plus nébuleux qu’un antiféminisme qui se positionne explicitement en opposition aux mouvements féministes et à leurs revendications exprimées en termes d’émancipation des femmes, l’antiféminisme ordinaire de gauche observable au sein même des partis et mouvements semble passé sous silence au profit d’un horizon politique commun – bien souvent républicain universaliste (Butler, 2012 ; Scott, 1998) – qui ne laisse pas de place aux revendications féministes d’un droit à l’autodétermination. Dans cette communication, nous souhaitons rendre visible cet antiféminisme d’une partie de la gauche française à travers l’observation de la communication de représentants politiques de gauche sur les réseaux socionumériques en ce qui a trait à des sujets d’actualité portant sur les droits des femmes.
Lisiane Lomazzi, membre étudiante du GERACII / Doctorante, UQAM / Chercheure CRICIS (GRISQ)
L’imaginaire économique des big data : acteurs, discours et stratégies
mercredi 2 mai, 11h15 – 12h45, SH-3220
Avec Myriam Lavoie-Moore, CRICIS (GRISQ) et Joëlle Gélinas, CRICIS (GRISQ)
Depuis la crise économique qui a ébranlé les marchés en 2008, les élites politiques et économiques semblent désespérément à la recherche de nouveaux secteurs de valorisation afin de relancer la croissance dans une période qualifiée par certains de stagnation séculaire. La 4e révolution industrielle – alimentée par les big data, l’internet des objets et l’intelligence artificielle – est présentée comme une réponse à cette « crise de la croissance ». Dans cette communication, nous soutiendrons que cette mobilisation des données comme moteur de la croissance participe d’un imaginaire économique visant à pallier les contradictions auxquelles les sociétés capitalistes avancées sont confrontées. Il s’agira d’analyser à partir d’une perspective d’économie politique culturelle quels sont les principaux acteurs à l’échelle internationale qui alimentent le discours portant sur l’économie des données, les stratégies nationales et municipales d’intégration à celle-ci, de même que les contradictions liées à ce régime d’accumulation.
Oumar Kane, membre régulier du GERACII / Professeur, UQAM / Chercheur, CRICIS
La notion de service public médiatique à l’ère du numérique : redéfinition et enjeux
jeudi 3 mai, 11h15 – 12h45, SH-3320
L’innovation technologique, l’expansion des réseaux numériques, la prolifération des services et de l’offre, les usages innovants, la migration des publics et celle des revenus sont des facteurs qui ressortent fréquemment dans la littérature scientifique faisant état d’une « crise » du service public médiatique. Dans le cadre de cette contribution, nous commencerons par proposer une définition et un historique du service public médiatique. Nous clarifierons certains des enjeux théoriques et pratiques d’une redéfinition de la notion. Nous montrerons la diversité des plaidoyers en faveur du service public médiatique à l’ère du numérique et terminerons notre présentation par l’évocation de quelques facteurs susceptibles de favoriser une légitimation de la mission de service public à l’ère de l’internet.
Houda Bachisse, membre étudiante du GERACII / Doctorante, UQAM / Chercheure, GERIICO
Perspectives théoriques associées à l’étude de la communication politique à l’ère des réseaux socionumériques
jeudi 3 mai, 11h15 – 12h45, SH-3140
Dans cette communication, nous présenterons une réflexion sur le cadre théorique qui balise notre recherche portant sur la communication politique sur les réseaux socionumériques. Ce cadre se situera au confluent de plusieurs courants de recherche issus des sciences de la communication, des métissages avec les « Cultural Studies » et des recherches sur les théories de l’espace public. Nous justifierons le choix de ce cadre théorique en expliquant en quoi appréhender ce phénomène communicationnel dans ses dimensions à la fois « macro-méso et microsociales » ne pourra se faire qu’à travers une approche communicationnelle globalisante. Cette approche nous permettra de réfléchir sur le « pourquoi » et « comment » des phénomènes communicationnels dans la société avec une vision articulant plusieurs modalités impliquant le social, le politique, la technique, les pratiques et les discours.
Lisiane Lomazzi, membre étudiante du GERACII / Doctorante, UQAM / Chercheure, CRICIS (GRISQ)
L’économie politique des communs numériques en contexte néolibéral
jeudi 3 mai, 16h15 – 17h45, SH-3220
Le « retour des communs » favorisé à partir des années 1980 par le contexte néolibéral de dépossession des ressources naturelles connaît, depuis quelques années, un second souffle avec la revendication des communs informationnels en réaction au processus de privatisation et de marchandisation de l’information dans l’environnement numérique. Loin d’être unifiée, la théorie des/du commun(s) présente notamment deux problématisations distinctes de l’objet d’étude soit une socioéconomie des communs d’inspiration ostromienne (Ostrom et al., Coriat et al.) et une sociopolitique du commun initiée par Dardot et Laval. Si la seconde pose le commun comme alternative à la rationalité néolibérale et au processus de marchandisation, la première peut ou non s’articuler à une critique de la marchandisation. À travers cette communication, nous montrerons comment cette articulation contingente peut faire l’objet d’une mise en tension par l’État néolibéral en vue d’opérer une récupération de la critique des communs informationnels.
Nous vous informons également que le 2 mai, aura lieu une conférence donnée par Armand Mattelart, Professeur émérite, Université Paris 8, de 18h à 19h15 au SH-3420
Pour une archéologie du culte du nombre
L’idée de société régie par le nombre a pris forme au fil des siècles en intronisant la mathématique comme modèle de raisonnement et d’action utile favorisant ainsi l’émergence des techniques d’identification biométrique, de surveillance et de contrôle. La surveillance et le contrôle sont devenus aujourd’hui un phénomène de masse, les États, des « États de surveillance », le citoyen, un individu-mesure, les dispositifs, sophistiqués et universalisés, les usages des technologies de l’information et de la communication, hybrides: militaires et civils. Le risque est que, finalement, seuls les nombres comptent. Si l’exploitation des magmas de données à des fins de prévision et de prédiction peut servir à combattre les pandémies, elle peut, surtout et plus globalement, être source d’erreurs massives entraînant des prises de décision aux conséquences dramatiques. D’où la mise en garde qui s’impose contre les abus de la nouvelle gouvernementalité par les nombres et les données

